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3  AMERICAS   BY   BICYCLE

MES VOYAGES AUX TROIS AMERIQUES EN VELO

BOLIVIE LA SIERRA

BOLIVIE LA SIERRA 3000 km 70 cols 3 mois 1000 km en vélo, 1000 km de descentes, 1000 km à pied en poussant le vélo. Durant 2.5 mois j’ai fait un tour d’echauffement. J'ai d'abord été dans la sierra de Catamarca, 3 cols a 2000m, puis j’ai rencontre la pluie, alors j’ai passe la cordillere par le paso san francisco, 6 jours, 4800m plus les cols qui l’entourent des couleurs superbes, qui couvrent les montagnes, comme les dessins de sable de l’afrique, mais en vrai, en immense. puis la cote nord chilienne de Vallenar a Iquique, du poisson ultrafrais, le chant et l’odeur de la mer, le camping sur la plage, et pendant paques des gens qui m’invitent. puis la montee de la sierra, pour connaitre les bourgs entreprises, le paternalisme en plein, d’exploitation des salars, maintenant fermees. apres jai pris le bus jusqua san pedro de atacama, avec un arret a calama pour rencontrer des ciclistes fans. puis j'ai franchi le paso Sico, 6 cols successifs entre 4000 et 4600 m en une semaine, des lacs daltitude et des salars tout blanc, la descente a salta , et la quebrada de Huamaca, passer de la selva, la jungle tropicale, a un verger tres europeen puis des arbustes epineux puis la steppe et le paso a 3800m, et enfin la quiaca. Après, rencontrant une tempête de vent, je suis allè à Tupiza en bus, et prudent, j'ai découvert les lacs et salars de l'Alto Lipez en jeep, avec une agence. Tout a donc commencé à Uyuni. Un jour il faut franchir le Rubicon. Par chance, j'avais trouvé à Salta, chez Ramon, une description manuscrite de cette route, Uyuni - Potosi. je le croyais du moins. Mais rapidemment , je comprend que les distances sont erronées, et que les altitudes sont principalement les points bas. J'ai bien aussi trouvé des infos sur internet, des blogs de cyclistes, mais plus tard je découvrirais qu'ils se sont copiés les uns les autres, qu'ils sont tout aussi erronés, que les parties les plus difficiles sont comme gommées. Ceux sont plus des pièges que des aides. Dés le premir jour vinrent les facéties des Indiens. Après le premier col, je m'arrête au village, et demande au kiosque qui sert aussi d'office de tourisme où est le prochain hotel, pas de problème c'est dans 15km. Beaucoup plus loin, il est 18h, la nuit tombe, et toujours rien en vue, ouf j'aperçois une ruine. J'ai campé là, l"eau a gelé dans la tente, putain il fait vraiment froid. Mais c'est super des canyons rouges et jaunes, des montagnes pleines de couleurs, des vallees, des hameaux en terre avec toit en paille. Et ça continue, monter 10 km à 20 km, descendre, jamais de plat, bouffer du sable et de la tôle ondulée, et à chaque camion je dois m'arrêter, attendre que le vent emporte le nuage de poussière. Je commence à enchaîner les hotels tout confort, la rivière servant de douche, et la ruine en face de WC. Souvent mon matelas autogonflant est plus moelleux que le lit. Et j'atteins mes limites. Je pars à 8h, dés que le soleil apparaît, avant il fait trop froid. Et je m'arrête vers 16h, après avoir franchi 55 km, loin de mon rythme habituel de 85 km. Et alors difficile de faire autre chose que chauffer de l'eau pour le thé, manger des biscuits, monter la tente et dormir, 12 h minimum. Fini la mandoline, ou les potins avec les villageois. Toutes les difficultés se trouvent réunies. L'altitude d'abord, j'oscille entre 3000 m et 4500 m. En 4 mois, je ne me suis jamais acclimaté, tachycardie, nuits légères, angoisses panique, maux de tête, idées délirantes. La nuit j'ai peur alors je garde la lampe de poche allumée, comme pour les enfants. Et les enfants boliviens vont à l'école avec le sac sur le dos, et court à mes cotés dans les côtes en rigolant et posant pleins de questions. La seule carte dont je dispose est fausse, 1cm égal 40km, les distances, carrefours, rivières et montagnes indiqués sont pure décoration, sans lien avec la réalité. Et aucun guide pour connaître les belles routes. Aucune info sérieuse via internet, comme je l'ai déjà dit. Je ne sais où je vais dormir, ni quels obstacles je vais rencontrer. Et c'est dingue ce qui peut se renconter en 10 km dans ce pays. Quant à demander des infos aux Indiens, déjà je ne parle ni Quechua ni Aymara, et puis j'oscille entre le "No Se - je n'en sais rien" et le n'importe quoi, l'important étant de me rassurer pour que je m'en ailles. La piste est surtout adaptée aux animaux. Les ânes bon-enfant et les lamas arrogants avancent lentement, et moi je pousse le vélo, haletant. Mais quelle idée m'a pris d'utiliser la roue dans ce foutu pays. Les Incas avaient bien raison. Mes roues s'enlisent dans le sable aussi fin que la farine, heurtent la pieraille, ces montagnes sont entièrement faites de sable et caillasse. Et tout le vélo vibre sur la tôle ondulée sculptée par ce vent permanent et poussièreux. Heureusement, Evo Morales cumple, et parfois je peux emprunter la nouvelle route, à laqelle il manque encore les dizaines de ponts. Pas grave l'eau des ruisseaux vient directement des glaciers, ça régénère de les traverser. Le climat change constamment. Les nuits sont glaciales, et à midi je suis en bras de chemise, avec 2 couches de crème solaire, la gorge complètement sèche. Je franchis un col, mon lot quotidien ici, et j'entre dans les Yungas, climat chaud et prégnant d'humidité. Un autre col, et me voilà dans un paysage semi-desertique, écrasé de chaleur brûlante. Et maintenant c'est marécageux, moite. Tous jes jours je change d'extrême, la Bolivie réunit tous les climats des Amériques sur un territoire grand comme 2 fois la France. Le relief est incroyable, les montagnes se succèdent sans fin, la piste les chevauche et ne suit pas les vallées. Le haut de la sierra est une ligne, aucun plateau, aucun arrondi, les arbres se découpent sur le ciel au sommet. Aucun repos donc, j'enchaîne côtes et descentes. Et il y a de la pente. Et puis il y a les Indiens, qui vivent comme il y a 500 ans, comme dans les romans de Balzac ou Georges Sand. La grand mère rentre en poussant les quelques bêtes, son fagot sur le dos. Le gamin garde les moutons. Le père suit la charrue en bois tirée par la paire de boeufs. La mère lave le linge à la main, fait à manger sur le feu, mais la maison en terre battue avec toit de chaume n'a pas de cheminée. Des ânes paissent partout, servent à tout transporter. Mais la voiture neuve dort dans le garage, et la Télè parle toute seule en permanence, Evo cumple. Enfin il y a la nourriture, dans les restos c'est le repas unique, soupe composée de rares légumes avec du riz et un peu de viande, suivi du poulet industriel accompagné de riz blanc. Ca ne nourrit pas, ça cale. Quant aux boutiques, elles vendent surtout du coca et des gaufrettes, et parfois des mandarines. La prochaine ville est dans 6 jours, j'y arrive affamé, épuisé. Ouf il y a le marché, bien achalandé, mais aussi et toujours l'altitude qui m'empêche de dormir correctement. Voila j'arrive à Potosi, et je ne sais par où continuer. Finalement je pars vers Tarija, et le premier soir j'arrive à La Puna, sur la place principale, juste quand la procession religieuse entre dans l'église. Immédiatement une femme m'offre de la Chicha, du jus de maïs pas d'alcool qu'elle me dit, enfin pas plus que 15° . Bien sûr ce n'est rien par rapport à ce qui va suivre. L'on me conduit au meilleur hôtel, j'ai une chambre de 20m2. Et la douche est froide à point.... Je ressors sur la place, je dîne, Dieu seul sait de quoi. A chaque coin de la place il y a une décoration faite de draps blancs, de peluches et de plats en argent. Devant sont assemblés quelques bancs en rond, au milieu desquels des Iindiens dansent. A chaque coin on m'invite, un petit verre d'une boisson colorée, qu'il faut boire cul sec. A l'un l'on m'installe, et les dames tournent avec la carafe, interdit de refuser, interdit de déguster, il n'y a qu'un verre, le voisin attend. Tout l'arc en ciel des sirops y passe, occultant la brulure de l'alcool potable, 95°, la boisson quotidienne ici. Je commence à danser avec les indiennes, l'on m'invite à dîner, une indienne joue à draguer le gringo, et je ne sais plus très bien comment je suis revenu à l'hotel. Le lendemain j'ai fui la chicha au petit déjeuner, et j'ai laborieusement franchi 15km pour me cacher dans une ferme abandonnée et cuver. Plus avant il y a cette petite côte de rien du tout, et puis tout en descente jusqu'à Tarija. J'ai mis 2 jours à franchir les 3 cols successifs, entre 3000 et 4000m. Et la descente est tellement rapide sous le soleil brûlant, que les freins surchauffent les jantes et les chambres à air explosent sous l'effet de la dilatation, je termine en bus. Au début c'est la steppe d'altitude, parfois des arbres et arbustes epineux, parfois que de l'herbe, et parfois tout cultivé, selon quil y a de l'eau, et selon le vent qui asseche tout. Puis ça passe par des cañons et des vallees etroites, et aussi au debut par une vallee tres large la où tout est cultivé. Puis un autre canyon, la traversée de l'altiplano et la descente vers un paysage semi desertique. Tarija est une ville bien agréable, typique de la Bolivie, pleins de boutiques partout, plein de monde en fin dapres midi, et apres 20h tout ferme, et les voitures roulent lentement, peu de monuments, en plus il y a plein de places avec des arbres et des eglises. Elle est entourée de 5 cols, et donc 5 climats complètement différents. Je venais de l'altiplano glacé et sec, je suis dans la vallée semi desertique, et je vais découvrir d'abord les Yungas, ou forêt jungle superhumide avec des vallees etroites cultivee de fruits et canne a sucre, et des arbres gigantesques avec des fleurs et des lianes partout. C'est là que je découvre où je camperai en Bolivie, l'école primaire. Les enfants la quittent à 15h et reviennent à 8h. Elle est vide toute la nuit. Elle est rarement enclose, donc pas de problème pour y entrer. Les batiments en L sont bordés d'un préau, ou galerie, avec tables et chaises. Je monte la tente dans l'angle, à l'abri du vent et de l'éventuelle pluie. Je ne demande l'autorisation à personne. Parfois quelqu 'un vient pose 2-3 questions, et s'en va. Les Indiens sont très bavards quand ils me croisent sur mon vélo, le long des routes, mais très distants au village. Puis je me lance dans la forêt Chaquena, végétation identique qu'au début de mon voyage, dans la province de Catamarca en Argentine, et curieusement la population écoute les mêmes chanteurs folk. Là je n'ai aucune indication, ni sur le relief ni où sont les lieux habités, je vais à l'aventure, durant 4 jours. Je finis par un chemin sculpté dans la falaise du canyon du fleuve Pylcomayo, 2 murs de 500m de haut, un torrent au fond, et la montagne au dessus jusqu'à 2000 m. De Villamontes à Santa Cruz, j'entre dans la partie dite plate de la Bolivie. En fait ceux ne sont que collines durant 600 km, avec jusqu'à 600 de dénivelé, cols à 1000m, un peu comme le Massif Central, mais c'est vrai ça monte moins rude que dans les sierras, et c'est goudronné. A Santa Cruz j'hésite, entre une route facile, Misiones à l'Est, ou de nouveau la sierra. J'apprend par une touriste Espagnole qu'il n'y a plus moyen de prolonger le visa au delà des 3 mois, Evo cumple, Bolivia cambia. Et mes infos recueillies sur internet m'indiquent que la route du Sud à Cochabamba est assez facile. Je la prend, et découvre que le cycliste a oublié de marquer les côtes quotidiennes, ou biquotidiennes, de 20 km, les cols qui démarrent à 2500m, jusqu'à 3800m le dernier, le goudron qui d'bord disparaît à chaque ruisseau, à chaque éboulement, bref tous les 5 km, puis totalement durant 100km, la traversée de la Sibérie Bolivienne. Là la route devient boue, puis caillasse lessivée par la l'eau, le paysage disparaît dans une brume opaque constante, le vent fort siffle, la pluie tombe, et il fait froid. La route monte entre le précipice et la paroi abrupte. Finalement un camion me ramasse à la tombée de la nuit. Il me restait encore une heure à pousser le vélo pour sortir de la mélasse et atteindre un hameau, 2 heures pour le col. Mais la route est magnifique, chaque jour le paysage, la végétation change, avec des vues sur toutes les montagnes. Forêt chaquena, forêt d'abres chinois tordus, steppe d'altiplano, champs de blé d'altitude, canyon, et la plaine de Cochabamba. Un effort et un col à 4000m supplémentaires m'emporte par la route Sud jusqu'à Villa Tunari, à travers la jungle de fougères arborescentes et de lianes. Puis je prend le bus jusqu'à La Paz. J'avais espéré faire l'altiplano Chilien, mais je perd mon visa si je sors du pays. Alors je tente une autre boucle, au Nord immédiat, Sorata - Mapiri - Caranavi. Comme d'habitude, les infos dont je dispose sont optimistes. Mais il y a d'abord la fameuse côte de San Pedro, 40km à^pousser le vélo. Et Puis vient la route entre Consata et Mapiri, un chemin caillouteux tout en côtes et descentes de 150 km, coupé de ruisseaux tous les kilomètres. J'ai le choix entre me casser le dos ou casser le vélo. J'abandonne et le fait en taxi, puis en bus jusqu'à La paz. Les paysages sont fabuleux, collines ondulantes bleutées, forêts humides, vallées étroites ou canyons avec la rivière argentée. De retour à La Paz, il me faut penser au retour vers l'Argentine. Par Voyage Forum, 2 cyclistes m'ont indiqué un circuit qu'ils ont aimé. Challapata - Potosi, je traverse de nouveau la Cordillère, en suivant le canyon du Pilcomayo bébé. Je continue jusqu'à Sucre, 2 jours faciles prétend mon cycliste favori, tiens il a oublié les 50 km de plateau avec vent de face dingue, et la côte finale de 50 km, comme d'habitude quoi. Je franchis la banlieue de Sucre, la fin de la côte, sous les rires et applaudissements. Et le matin je me réveille avec un mal aux lombaires hurlant, repos obligatoire durant une semaine. Je ne pourrais pas aller saluer le fantôme du Che. Il me reste un dernier effort, de Potosi à Villazon. J'ai traversé des collines poussièreuses avec quelques cactus et arbres desséchés, des côtes toujours, et le plus simpa fut les rencontres dans les écoles le soir , enfin réouvertes avec l'éradication de la dengue. A Tupiza je fais un tour à cheval, mon premier depuis 40 ans, et je dors 24h d'affilée. Puis je vais à Villazon en bus, la route praticable ayant été emportée dans le ravin par la dernière pluie. Arrivé à Salta, Argentine, je me repose une semaine. Puis pour occuper les derniers jours qui me restent, je choisis un ultime amusement, la côte de l'Opisco, pour aller à Cafayate via Cachi. 40 km de montée, mais je fais tout en vélo, ça fait un bail que je ne connaissais plus cela, une descente interminable, et 3 jours de tôle ondulée sablonneuse et venteuse. le paysage est tout de falaises rouges, sculptées, ou de canyons. De retour en France, je fais une semaine de fièvre, et ensuite quelques infimes cols vers Antibes. Comme disent les Boliviens, c'est tout plat par là. Sur mon site, j'ai mis un guide de la Bolivie en vélo, en réunissant mes infos et celles d'un cycliste américain, Jeff KRUYS. les indiens sont très simpas, ils me saluent tous de la main, m'encouragent, se moque un peu du fou qu fait tant d'effort, me parlent, et pas voleurs ni a marchander. bon ça joue que je parle gaucho (cow boy) et que je parais poussiéreux et mal rase comme eux. et que je ne fais pas de chichi sur le confort. Et les chiens Boliviens sont les plus dangereux du Monde. Ceux sont de petits roquets noirs qui aboient à chaque fois, et me court après. Jamais ils ne m'ont mordu, ni même essayé, mais j'ai frôlé l'embolie plusieurs fois en piquant un sprint en pleine côte à 4000 m d'altitude. a part ça ici Evo Morales cumple, bolivia cambia. et c'est vrai, en plus des milliers de km de chemins de montagne transformes en vraies routes a 2 voies plus bas cote, et future ment goudronnées, des centaines de ponts et canalisations de ruisseaux, déjà cela est un travail de titan, chaque village a son école primaire, l'eau potable et le traitement des eaux usées, chaque maison a sa cabane avec douche, wc et évier, partout l'électricité, solaire, vent ou câble, des antennes pour le telefone portable, la radio et la TV et internet, et partout des maisons neuves se construisent, les matériaux sont donnes par l'état, et aussi des locaux de réunion, des infirmeries. et aussi la reconstruction des voies de train de la Paz et d Oruro au pacifique, cote chili, avec création d'un port industriel bolivien.

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